Catégories et sources de rayonnement
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Le rayonnement résulte de l’émission d’énergie par une source et de son déplacement à travers un support, comme l’air, jusqu’à ce qu’il soit absorbé par la matière. Il existe deux grands types de rayonnement : le rayonnement ionisant et le rayonnement non ionisant.
Rayonnement ionisant
Certains types de rayonnement possèdent suffisamment d’énergie pour éjecter les électrons de leur orbite autour des atomes et perturber l’équilibre entre électrons et protons, ce qui a pour effet de charger positivement l’atome. Les molécules et les atomes chargés électriquement portent le nom d’ions. Tout rayonnement qui peut produire des ions est un rayonnement ionisant.
Il existe plusieurs types de rayonnement ionisant. Les principaux sont les suivants :
Rayonnement alpha : Les particules alpha se composent de deux protons et de deux neutrons et puisqu’elles n’ont pas d’électrons, elles portent une charge positive. Du fait de leur taille et de leur charge, les particules alpha peuvent à peine pénétrer dans la peau et sont complètement arrêtées par une feuille de papier.
Rayonnement bêta : Les particules bêta sont des électrons de grande énergie éjectés du noyau d’un atome. Leur charge est négative et leur taille est d’environ 1/7 000 la taille d’une particule alpha, si bien qu’elles sont plus pénétrantes. Il est néanmoins possible de les arrêter avec une protection minimale, comme une feuille de plastique.
Rayonnement gamma : Le rayonnement gamma est un type de rayonnement très pénétrant. Il est généralement émis immédiatement après l’éjection d’une particule alpha ou bêta du noyau d’un atome. Puisqu’il n’a ni masse ni charge, il peut pénétrer dans le corps humain, mais sera absorbé par des matériaux plus denses comme le béton ou le plomb.
Rayonnement cosmique : Le rayonnement cosmique se compose habituellement de particules en provenance de l’espace qui se déplacent à grande vitesse. Ce rayonnement a des origines diverses et résulte principalement du soleil et d’autres phénomènes célestes dans l’univers. Le rayonnement cosmique est essentiellement composé de protons mais peut aussi se composer d’autres particules ou de rayons gamma.
Rayons X : Les rayons X se comparent aux rayons gamma et sont essentiellement produits par des moyens artificiels plutôt que par des substances radioactives.
Rayonnement neutronique : Le rayonnement neutronique se produit lorsque des neutrons sont éjectés du noyau par fission nucléaire et par d’autres processus. La réaction nucléaire en chaîne est un exemple de fission nucléaire, où un neutron éjecté d’un atome en fission provoque la fission d’un autre atome, qui éjecte encore plus de neutrons. Contrairement aux autres rayonnements, le rayonnement neutronique est absorbé par des matériaux qui comportent beaucoup d’atomes d’hydrogène, comme la paraffine et les plastiques.

Rayonnement non ionisant
Chaque jour, les êtres humains utilisent des sources de rayonnement non ionisant ou y sont exposés. Cette forme de rayonnement ne dégage pas suffisamment d’énergie pour ioniser les atomes ou les molécules.
Les fours à micro-ondes, les systèmes de positionnement global (GPS), les téléphones cellulaires, les stations de télédiffusion, la radio FM et AM, les interphones pour bébés, les téléphones sans fil, les dispositifs d’ouverture de portes de garage et les radioamateurs utilisent tous un rayonnement non ionisant. Parmi les autres formes de rayonnement non ionisant figurent le champ magnétique terrestre, ainsi que le champ magnétique à proximité des lignes de transmission, des câbles et appareils électriques ménagers. Il s’agit d’ondes mégamétriques (de champs électriques et magnétiques de fréquences extrêmement basses).
Sources de rayonnement ionisant
Les êtres humains sont constamment exposés à de petites quantités de rayonnement ionisant dans leur environnement naturel lors de l’exécution de leurs activités quotidiennes normales; ce rayonnement porte le nom de rayonnement de fond. Nous sommes également exposés au rayonnement ionisant dans le cadre de certains traitements médicaux et lors d’activités faisant intervenir des matériaux radioactifs.
Rayonnement naturel
Le rayonnement a toujours été présent et fait partie de notre environnement. Toute la vie s’est développée dans un bain de rayonnement ionisant. Notre organisme y est adapté.

Les isotopes radioactifs naturels, comme le potassium 40 et le carbone 14, ont les mêmes propriétés chimiques et biologiques que leurs isotopes non radioactifs. Ces éléments radioactifs et non radioactifs interviennent dans la constitution et le fonctionnement de notre organisme. La présence de radio-isotopes naturels nous expose en permanence au rayonnement.
Le tableau ci-dessous indique la quantité de rayonnement produite par le potassium 40 contenu dans environ 500 grammes de différents produits alimentaires. Le becquerel (Bq) est une unité de radioactivité qui correspond à une transformation (désintégration) par seconde.
Teneur en potassium 40 de quelques aliments
| Aliment | Radioactivité par 500 grammes, en Bq | ![]() |
| Viande rouge | 56 | |
| Carottes | 63 | |
| Pommes de terre blanches | 63 | |
| Bananes | 65 | |
| Haricots de Lima | 86 | |
| Noix du Brésil | 103 | Les noix du Brésil contiennent aussi naturellement du radium 226 (de 19 à 130 Bq par 500 grammes.) |
Source : A. Brodsky, Handbook of Radiation Measurement and Protection, Boca Raton, CRC Press, 1978
Le corps humain contient plusieurs isotopes radioactifs. Le tableau ci-dessous donne la liste de quelques isotopes qui se trouvent naturellement dans notre organisme.
Isotopes radioactifs du corps humain (adulte de 70 kg)
| Isotopes | Radioactivité, en Bq |
| Uranium | 2.32,3,5 |
| Thorium | 0.213 |
| Potassium-40 | 4,0003 |
| Radium-266 | 1.13 |
| Carbon-14 | 3,7003 |
| Tritium | 234 |
| Polonium-210 | 403,5 |
2 ICRP-23 (1975)
3 M. Eisenbud et T. Gesell, Environmental Radioactivity from Natural, Industrial and Military Sources, New York, Academic Press, 1997.
4 RapportUNSCEAR 2000
5 ICRP-30 (1980)
Sources artificielles de rayonnement
| Essais nucléaires atmosphériques : Les essais atomiques réalisés dans l’atmosphère entre la fin de la Deuxième Guerre mondiale et jusqu’à la fin des années 1980, ont eu pour effet de rejeter des éléments radioactifs, ou retombées, dans l’atmosphère. Ces retombées radioactives se sont désintégrées dans l’environnement. La plupart des retombées possédaient une période radioactive courte et ont disparu, mais certaines n’ont pas encore achevé leur désintégration. Les doses de radioactivité dues à ces retombées que reçoivent les êtres humains et l’environnement sont chaque année de plus en plus faibles. | |
| Sources médicales :Le rayonnement a de nombreuses applications en médecine. La plus connue est sans doute la radiographie par rayons X, dont les appareils permettent de détecter des fractures osseuses et de diagnostiquer certaines maladies. Les appareils à rayons X sont réglementés par Santé Canada et les autorités provinciales. La médecine nucléaire fait pour sa part appel à des isotopes radioactifs pour diagnostiquer et traiter des maladies comme le cancer. Les applications de la médecine nucléaire ainsi que l’équipement apparenté sont réglementés par la CCSN. La CCSN délivre également des permis aux exploitants de réacteurs et d’accélérateurs de particules qui produisent des isotopes à usage médical et industriel. | ![]() |
| Caméra gamma | |
| Sources industrielles : Le rayonnement a plusieurs applications industrielles, allant des jauges nucléaires utilisées pour la construction des routes jusqu’aux jauges de densité qui mesurent le débit dans les conduites d’usine. Les détecteurs de fumée, certains panneaux fluorescents et les dispositifs permettant d’évaluer les réserves des champs de pétrole utilisent aussi le rayonnement. Le rayonnement est également employé pour la stérilisation au moyen de gros irradiateurs lourdement blindés. Tous ces usages sont réglementés par la CCSN. | ![]() |
| Jauge nucléaire | |
Cycle du combustible nucléaire : Les centrales nucléaires utilisent de l’uranium pour déclencher la réaction en chaîne qui produira la vapeur chargée d’actionner les turbines pour la production d’électricité. Dans le cadre de leur activité normale, les centrales nucléaires rejettent des substances radioactives dont les niveaux sont réglementés, mais qui peuvent néanmoins exposer les personnes qui vivent à proximité à de faibles doses de rayonnement. Les mines d’uranium, les usines de fabrication de combustible et les installations de gestion des déchets radioactifs rejettent également une certaine quantité de radioactivité qui contribue à la dose à laquelle le public est exposé. |
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| Mine d’uranium, lac McLean, Saskatchewan | |
Trouver un équilibre
Normalement, il y a très peu de choses que nous puissions faire pour changer ou réduire le rayonnement ionisant de sources naturelles, comme le soleil, les sols ou les roches. Ce type d’exposition, bien que non complètement dénuée de risque, est généralement assez faible. Toutefois, dans certains cas, les sources naturelles de radioactivité peuvent atteindre un niveau inacceptable et doivent être réduites. C’est notamment le cas du radon présent dans les maisons.
Le rayonnement ionisant provenant de sources et d’activités artificielles est plus étroitement contrôlé. Dans ces cas précis, il importe de trouver un équilibre entre les avantages que procure le rayonnement à la société et les risques qu’il fait peser sur la santé de la population et sur l’environnement. Des limites de dose sont donc fixées pour restreindre l’exposition des travailleurs et des membres du public au rayonnement. Par ailleurs, les titulaires de permis doivent respecter le principe ALARA et faire en sorte que les expositions, la probabilité de subir une exposition et la valeur des expositions potentielles soient maintenues aussi bas que raisonnablement possible, compte tenu des facteurs économiques et sociaux. Il importe également que le recours au rayonnement procure un bénéfice net. Par exemple, les détecteurs de fumée peuvent utiliser des isotopes radioactifs car ce type de dispositif peut sauver des vies.
Renseignements complémentaires
Autres sites Web
- Radiation, People and the Environment, IAEA (en anglais seulement)



